La Castration des équidés

La castration du cheval, âne ou poney mâle consiste dans l’ablation des testicules, organes responsables de la production des spermatozoïdes et des hormones qui influencent le caractère de l’étalon (testostérone).

Une fois hongre le sujet ne sera plus en mesure de se reproduire, au moins que le détenteur ne décide d’en faire mettre en paillette et conserver le sperme, issu des testicules retirés chirurgicalement.

Nota: Une castration temporaire non chirurgicale (dans la plupart de cas) est techniquement possible à travers l'utilisation d'un "vaccin anti-GnRh". Cette technique n'est pas autorisée à présent en France.

 

Les effets de la castration ne sont pas immédiats : pendant les deux-trois semaines qui suivent  l’opération le caractère, ainsi que la possibilité de féconder  peuvent demeurer inchangés.

Le caractère du cheval hongre est en général plus doux et moins dominant en raison de l’absence de la testostérone, toutefois on rencontre rarement des exceptions à cette règle générale.

 

Il n’y a pas une âge idéale pour castrer.

Il est possible de castrer un poulain d’un jour aussi bien que un étalon de trente ans.

 Tout dépend de la présence des testicules dans le scrotum (pour les cryptorchidies la technique est plus complexe et demande une laparotomie ou une laparoscopie).

 C’est une question de choix.

 

Castrer tôt permets d’obtenir des hongres au comportement et présentant des caractéristiques somatiques typiques des hongres.

Il faut considérer que un jeune cheval castré avant la fin de sa croissance aura tendance à devenir plus grand, mais moins musclé.

En effet la testostérone, hormone produite par les testicules, dans le mâle entier stimule la fermeture des cartilages de croissance et le développement de la musculature qui donne un aspect masculin.

 

Castrer tard parfois ne suffit pas à modifier complètement le comportement d’un étalon et les caractéristiques somatiques du cheval resteront plus « masculines ».

 

Au Cabinet vétérinaire de Callac on pratique la castration du patient debout ou couché en relation à la taille et au type de l’animal (les poneys et les ânes généralement couchés, les chevaux de préférence debout), à  la situation logistique du lieu de détention, au caractère de l’animal et aux préférences personnelles du chirurgien.

 

Les techniques pratiquées selon le choix du chirurgien sont l’exérèse à testicule couvert ou a testicule découvert, le choix dépend des circonstances et des préférences du chirurgien.

 

Les avantages de la technique à testicule couvert (la technique qu’ on utilise est plus proprement dite couverte « modifiée ») sont l’élimination du risque d’éventration (sortie de l’intestin grêle à travers le péritoine laissé ouvert à niveau de l’anneau inguinal) et de saignement du cordon spermatique.

Conformément à cette technique la tunique vaginale (qui est en continuité avec le péritoine du quel elle est une dérivation) est fermée par le biais de deux ligatures autour du cordon spermatique.

Ce qui ne laisse aucune possibilité de communication entre la cavité abdominale et l’extérieur.

La technique « modifiée » en plus permet d’exercer une traction sur le cordon préalablement à la réalisation de la ligature, ce qui entraîne en final la rétraction de la portion terminale du cordon ligaturé à l’intérieur de la cavité abdominale qui réduit encore  plus le risque d’éventration.

Cette technique est utilisée dans le milieu des chevaux de course et particulièrement conseillé pour le chevaux qui doivent reprendre l’entraînement rapidement après l’intervention.

 

Le désavantage principal de cette technique consiste  dans la formation d’œdèmes post chirurgicales, qui sont plus fréquents que avec la technique ouverte ; des funiculites (rares) peuvent apparaître avec une majeure fréquence du fait de la majeure complexité de la technique, qui demande plus de manipulations,  facteurs qui augmentent aussi le  risque pour le chirurgien.

Le temps d’exécution est plus long par rapport aux autres techniques. 

 

Les avantages de la technique à testicule découvert sont la réduction des œdèmes postopératoires et la rapidité d’exécution. Avec cette technique en absence de ligature les funiculites  sont moins fréquentes.

 

Désavantages de la technique à testicule découvert sont le risque d’éventration et de péritonite lié à la persistance d’une communication entre la cavité péritonéale et l’extérieur et les hémorragies du cordon spermatique (en règle générale l’hémostase est assuré uniquement par l’application de la pince à castrer pendant quelques minutes, toutefois une ligature sur le cordon peut être appliqué par le chirurgien si souhaité).

 

Comment préparer l’opération :

 

Le vétérinaire examine le cheval et palpe les testicules.

Le propriétaire doit être informé des risques de l’opération et des soins postopératoires.

Le vétérinaire discute avec le propriétaire du cheval et ensemble et choisissent la technique chirurgicale plus adaptée à la situation.

 

Pour toutes le techniques :

 

Idéalement le cheval doit être laissé à jeun au moins deux heures avant et quatre heures après la chirurgie, car la sédation peut provoquer dysphagie et une stase intestinale transitoire.

Le cheval doit disposer d’un box propre (non paillé pendant les premières 24 heures) ou d’un petit paddock (le box est vivement conseillé en cas de castration à testicule découvert) sans autres animaux.

La saison idéale pour castrer est l’hiver, ou le printemps, vue l’absence des mouches, idéalement pendant des périodes sèches.

Le sérum antitétanique est administré d’office, au moins que le cheval n’ait été vacciné dans les derniers 6 mois ; un antibiotique est généralement administré au moment de l’intervention et pendant les 2-3 jours suivants. Des anti-inflammatoires peuvent être administrés ou moins.

Le livret du cheval doit être présenté au vétérinaire pour que la castration y soit inscrite.

 

Castration début :

 

Est pratiquée idéalement dans le local douche des écuries, en alternative dans un box ou couloir.

Il est fortement conseillé que le cheval soit habitué à être douché car il faudra le doucher avant, après l’opération et les jours suivants afin de réduire la formation d’un œdème postopératoire.

Le cheval doit être impérativement déferré à l’arrière pour la sécurité du chirurgien.   

Nécessaire : deux anneaux pour attacher le cheval aux deux vents, un tuyau pour doucher , une table pour poser les instruments, une bande à queue (souhaitable).

 

Castration couché :

 

Pratiquée dans un paddock ou dans une carrière. Le vétérinaire demandera de l’eau propre pur nettoyer le champ chirurgicale, des serviettes pour l’essuyer et une table pour poser les instruments.

Une anesthésie générale est pratiquée et une personne est chargée de rester à la tête du cheval pour empêcher qu’il puisse se relever avant la fin de l’opération.

Des entraves peuvent être posées.

Le réveil est une phase cruciale : le cheval doit être tenu par terre jusqu’ à quand il sera en mesure de se mettre debout sans risques.

Le 17/09/2016

A. LEUCCI

 

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