La dermatite inter-digitée maladie de Mortellaro

Cette maladie infectieuse, provoquée par des bactéries G- micro-aérophiles de la famille des Tréponèmes, peut être diagnostiquée en salle de traite par examen visuel et olfactif des ulcères et des lésions prolifératives de l’espace interdigital et des talons.

 

Toute lésion active doit être traitée car à partir de ces lésions les bactéries, qui sont mobiles, se propagent dans l’environnement.

 

Les tréponèmes sont des bactéries qui nécessitent d’un milieu humide, dans lequel ils se déplacent pour infecter des nouveaux hôtes, avec un PH neutre ou légèrement alcalin, ce qui correspond aux sols recouverts de bouses des couloirs d’alimentation et des zones de service.

 

L’impact économique de la dermatite interdigitale est important, du moment que la boiterie qui en est conséquence influence la mobilité des vaches, en réduisant la quantité d’aliment et d’eau consommée, au pâturage comme dans les bâtiments, réduit la fréquentation des robots de traite, réduit la détectabilité des chaleurs; en plus le stress liée à la douleur a une influence directe sur la production lactée et sur le cycle reproductif.

 Dont l’importance de mettre en œuvre une stratégie de traitement.

 

Les facteurs de risque sont :

 

             Présence d’animaux malades avec lésions actives

             Des sols humides et recouverts de bouses.

             Une fréquence de parage insuffisante

             Passage sur terrains pierreux qui peuvent entrainer des lésions de la peau des pieds.

 

Le traitement doit être : individuel – vaches présentant des lésions actives (ulcères ou lésions prolifératives). En salle de traite :

 

1.            Nettoyage des pieds postérieurs au jet d’eau avant le nettoyage des trayons.

 2.            Examen et marquage des animaux à traiter ; noter le traitement sur un cahier ou sur un Smartphone - tablette.

 3.            Pendant la traite. Séchage au sopalin (usage unique) et pulvérisation avec le produit antibiotique choisi pour le traitement individuel : Animedazon  Spray, Cyclo spray, Oxytetrin P. 2 Pulvérisations à 30 secondes d’intervalle matin et soir pendant 3 jours.

 4.            Les lésions guéries (stade 4) n’ont pas besoins d’être traités.

 

Un traitement collectif doit être mis en place si plus du 10% des vaches présentent des lésions actives (ulcères ou lésions prolifératives).

 

Des pédiluves peuvent être mis en place dans les couloirs de passage à la sortie de la salle de traite, ou les pieds doivent être nettoyés préalablement. Les pédiluves peuvent être liquides ou secs (parfois mieux tolérés par les animaux).

 

Les pédiluves secs, à base de chaux floconné, sont disponibles en formulations commerciales.

 

Un bac en bois de 250 cm x 80 cm x 15 cm est rempli avec 3-4 sacs de 25 kg de produit afin d’atteindre un épaisseur de 10 cm. Pour un troupeau de  60-80 vaches il faut compter un sac de 25kg par jour pendant les 2 jours suivants. Le traitement est répété toutes les deux semaines.

Le même produit peut être utilisé pour désinfecter les sols après un nettoyage profond (raclage et si nécessaire lavage au jet d’eau). En alternative dans le même objectif peut être utilisé de la chaux.

 

Afin de promouvoir la compétition bactérienne les sols, les litières et les logettes,  ainsi que les pieds (si on choisit d’utiliser ce genre de produit en traitement collectif), peuvent être ensemencés avec des produits à base de bactéries utiles afin de concurrencer les tréponèmes et d’ autres germes pathogènes.

 

Des nombreux produits commerciales sont disponibles qui remplacent le formol  (toxique, cancérogène) et le sulfate de cuivre (phyto-toxique).

Les traitements seront effectués en salle de traite selon le même schéma prévu pour les traitements individuels, avec le désinfectant de choix. La posologie de ce dernier varie en fonction du produit, à titre d’exemple c’est de 2 jours espacés de 4 jours tous les 15 jours pendant 6 mois pour H**** et 8 à 15 jours consécutifs tous les 1 à 2 mois pour I*****t e P******.

 

Le pédiluve sec pourrait remplacer la pulvérisation en salle de traite, toutefois cette méthode serait préférable  dans un premier temps si la disponibilité de main d’œuvre est suffisante du fait qu’elle permettrait de mieux suivre l’évolution des lésions et la réponse au traitement.

 

La présence d’ulcères sur la peau de la mamelle, causés par les germes responsables de la dermatite interdigitale, peut indiquer que une désinfection se rendrait nécessaire aussi au niveau des logettes, lesquelles d’ailleurs semblent bien fréquentés et appréciés par les animaux.

 

L’utilisation d’un produit à base de bactéries compétiteurs pourrait s’avérer utile dans ces endroits afin de contraster la flore microbienne nocive.

 

L’environnement

 

Dans l’objectif de maitriser la prévalence de la dermatite  interdigitale les seuls traitements, individuels et collectifs ne suffiront pas, il se rend indispensable d’améliorer les paramètres environnementales qui favorisent la persistance des agents étiologiques.

 

Le point critique souvent constaté dans les élevages atteints ce sont souvent les sols humides;

la présence de  rainures et l’irrégularité de la surface du béton qui empêchent un raclage efficace.

Après le passage du racleur les germes sont abrités dans les irrégularités et les rainures du béton ou la matière organique persiste.

La montée du niveau  des déjections permet le contact entre les pathogènes et la peau des animaux et la diffusion de la maladie de Mortellaro.

 

La réalisation d’un sol uniforme est souvent une intervention indispensable dans les levages touchés.

 

Les caractéristiques idéales d’un sol pour les aires d’exercice sont les suivantes :

             Antidérapant

             Facile à nettoyer, uniforme

             Séchage rapide

             Durable

             Capable d’assurer une correcte usure des onglons . Les tapis en caoutchouc n'assurent pas une usure suffisante des onglons ce qui rend nécessaire recourir à une fréquence de parage élevée.

 

S’il existent  des  fuites d’eau à partir des abreuvoirs : il est primordiale d’éliminer toute fuite d’eau.

 

Afin de favoriser l’assèchement des sols il est indispensable favoriser une bonne circulation de l’air dans le bâtiment.

 

On conseille d’augmenter au maximum les surfaces translucides du toit dans le but de permettre une majeure pénétration de la lumière et par conséquence une augmentation de la température des sols, qui permettra un asséchement  plus rapide.

La conséquente augmentation de la température de la stabulation en été pourra être évitée par l’emploi de filets d’ombrage posés sur le toit pendant les mois plus chauds.

 

18/09/2016

A. LEUCCI