La Cétose de la vache laitière:

 

La cétose est un trouble du métabolisme de la vache qui concerne essentiellement les races laitières,

due à un mauvais fonctionnement du cycle de Krebs et à une néo-gluconéogenèse hépatique inadéquate.

L’effet de ces disfonctionnement métaboliques est l’accumulation de corps cétoniques dans le sang (B-OH), qui peut être diagnostiqué par dosage hématique, urinaire ou dans le lait des corps cétoniques.

Les vaches à risque sont celles qui ont eu un tarissement trop long, les vaches trop grasses, les vaches qui avortent, celles qui ont eu un vêlage dystocique, les gestantes de jumeaux, celles qui ont des mauvaises délivrances  et les vaches boiteuses (GUTERBOCK, 2004).

 

On reconnait deux types de Cétose :

 

Type I cétose hypoglycémique :

 

Lorsque l’apport d’énergie ne suffit pas à couvrir les besoins de la vache en début ou au pic de la lactation, le foie ne dispose pas du substrat pour rééquilibrer le métabolisme énergétique.

Une hypoglycémie persistent conduit alors à la mobilisation des acides gras stockés dans les réserves adipeuses. Le glucose, déficitaire à cause de la production de lactose dans la mamelle, n’est pas disponible à niveau hépatique pour permettre le métabolisme des acides gras. Ce qui entraine l’accumulation de ces derniers  dans l’organisme.

Les facteurs qui déclenchent la cétose de type 1 sont la réduction de l’ingestion d’aliment de la part de la vache, à cause du stress du vêlage et des concomitantes pathologies du peri-partum, l’apport énergétique de la ration insuffisant ou une efficience digestive réduite à cause d’une mauvaise transition alimentaire.

 

Type II cétose insulino-résistante ou syndrome de la vache grasse.

 

Normo ou hyper-glycémique, conséquente à insulino-résistance et à hyper-insulinémie, cette syndrome s’associe  fréquemment à stéatose hépatique ou rénale, du fait de l’accumulation des lipides dans les cellules hépatiques.

Ce sont les vaches grasses qui sont prédisposées (surtout en debout de lactation) car elles montrent une insulino-résistance due à l’action endocrine de la graisse (production de leptine); du moment que l’organisme n’est plus en mesure de métaboliser l’excès d’acides gras libérés par le catabolisme des lipides, ces derniers s’accumulent dans les cellules hépatiques et rénales donnant lieu à une stéatose. La dégénération hépatique due à la stéatose peut s’avérer grave  et compromettre irréversiblement le fonctionnement de l’organe.

 

La gestion de la cétose.

 

La cétose de type 1 est souvent liée aux troubles alimentaires et de l’ingestion ou à un problème du rationnement, donc le traitement et les stratégies préventives à mettre en place doivent cibler ces facteurs.

 

Il est impératif que les pathologies du peri-partum (telles que mauvaises délivrances, métrites, mammites, pathologies respiratoires) soient soignées promptement afin que l’appétit de la vache ne soit pas  affecté.

 

Il est indispensable que la transition alimentaire soit gérée de façon méthodique et qu’elle soit graduelle afin de permettre l’adaptation de la flore  microbienne digestive au changement de substrat.

Dans le cadre de la prévention des cétoses liées  à la phase de transition alimentaire des dispositifs tels que le Kexxtone peuvent s’avérer efficaces.

 

Enfin il ne faut pas hésiter à donner une supplémentation à base de substrats de néoglucogenèse (Propylène Glycol) aux vaches qui présentent des facteurs de risque.

Le Propylène Glycol est rapidement absorbé par la muqueuse digestive et transféré au foie ou il est promptement transformé en glucose.

Le propylène glycol peut être administré sous forme liquide avec une seringue drogueuse en raison de 200-250 ml par jour pendant au moins 5 jours en prévention ou 250 ml matin et soir en curatif (le Propylène Glycol est disponible au cabinet vétérinaire sous différents conditionnements ) .

Il existe aussi sous forme de granulé qui peut être administré à titre préventif au DAC ou en « top-feeding » sur le mais distribué au cornadis (il est disponible en sac de 25 kg, se renseigner au cabinet).

 

Dans le cadre de la cétose de Type 2 le pronostic à long terme et souvent même à court terme peut s’avérer sombre, à cause de la présence d’une stéatose hépatique et rénale.

Le traitement à base de propylène glycol doit être bien pondéré et même proscrit en présence de disfonctionnement du foie.

Le traitement de base prévoit l’utilisation de perfusions glucosées et d’hépato-protecteurs par voie parentérale.

 

Dr A.LEUCCI

10/09/2016